M. Schinas veut « cacher » l’immigration aux électeurs allemands et français, selon la ministre hongroise de la Justice
La ministre hongroise de la Justice s’est emportée contre Margaritis Schinas, après qu’il a déclaré à EURACTIV que le pacte européen sur les migrations devrait être approuvé après les élections françaises, prévues l’année prochaine.
La ministre hongroise de la Justice, Judit Varga, s’est emportée contre le vice-président de la Commission européenne, Margaritis Schinas, après qu’il a déclaré à EURACTIV, lors d’une interview, que le pacte européen sur les migrations tant attendu devrait être approuvé après les élections françaises, prévues l’année prochaine.
Dans un tweet publié mardi (21 septembre) sur les réseaux sociaux, Mme Varga a accusé M. Schinas de vouloir cacher le phénomène migratoire aux électeurs allemands et français avant leurs élections respectives — l’Allemagne le 26 septembre et la France en avril prochain.
Comm. @MargSchinas told @EURACTIV that German & French elections should be awaited before concluding a new European #migration pact. Looks like disregarding citizens' #opinion & the willful misleading of voters has become the new European value for the EU institutions.
— Judit Varga (@JuditVarga_EU) September 21, 2021
M. Schinas a déclaré à EURACTIV lors d’un entretien qu’il était « optimiste quant au fait qu’immédiatement après les élections françaises, l’UE entrera dans un processus très rapide de convergence et d’accord final » sur le Pacte européen sur les migrations.
Critiquant les deux côtés de l’échiquier politique, M. Schinas a ajouté que : « Les opposants les plus farouches à la proposition de la Commission concernant un nouvel accord sur les migrations sont tant l’extrême droite europhobe, que la gauche anti-Europe. Les deux extrémités du spectre politique de l’UE veulent utiliser l’argument migratoire pour ensuite affirmer que l’Europe ne peut résoudre les problèmes des peuples européens ».
Ses commentaires ont irrité Mme Varga, qui est connue pour sa rhétorique anti-migratoire.
« Le commissaire Schinas priverait les Européens de leurs droits démocratiques uniquement pour mettre en œuvre le pacte sur les migrations ! » a-t-elle écrit sur sa page Facebook.
Selon Mme Varga, les propos de M. Schinas signifient que l’UE veut délibérément attendre après les élections en Allemagne et en France « avant de conclure un nouveau pacte européen sur les migrations » qui est bloqué depuis un an par les discussions entre les ministres de l’UE.
Pour Mme Varga, cela signifie que « ce serait un gros problème si les Allemands et les Français pouvaient décider des questions de migration par le biais d’élections. Il vaut mieux cacher quel type de pacte ils [la Commission] veulent mettre en place puisqu’il est impossible de remporter une élection avec un tel sujet ! ».
« La tromperie planifiée et volontaire des électeurs semble être devenue une valeur européenne pour institutions de l’UE », a-t-elle ajouté.
Le Portugal, qui était à la tête du Conseil de l’UE au premier semestre de l’année, a réussi à conclure un accord de dernière minute sur la nouvelle agence européenne pour l’asile à la fin du mois de juin, mais les négociations sur le pacte migratoire, extrêmement controversé, ont peu évolué depuis.
Le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn, a déclaré à EURACTIV en début de semaine que les discussions sur la migration étaient présentement bloquées et qu’elles n’allaient « clairement » nulle part dans un avenir proche.
La Hongrie est l’un des plus farouches opposants au plan de la Commission et souhaiterait plutôt que les questions de migration restent une compétence nationale, résolue au niveau de chaque pays de l’UE.
Depuis plus de cinq ans, Budapest est à couteaux tirés avec Bruxelles sur les questions de migration et d’État de droit.